Cotone australiano

Une plante de coton attaquée par des ravageurs. Image: J. Romeis, Agroscope.
Une plante de coton attaquée par des ravageurs. Image: J. Romeis, Agroscope.
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Une plante de coton attaquée par des ravageurs. Image: J. Romeis, Agroscope.
Une plante de coton attaquée par des ravageurs. Image: J. Romeis, Agroscope.

En Australie, les variétés de coton génétiquement modifiées (GM) (Gossypium hirsutum) sont cultivées à des fins commerciales depuis 1996 dans le but de contrôler les papillons ravageurs. Actuellement, ce contrôle s’opère par le biais de variétés de coton produisant deux protéines toxiques (« toxines dite Bt ») pour les papillons ravageurs. La présence simultanée de deux toxines Bt permet de lutter plus efficacement contre différentes espèces de ravageurs. De plus, les ravageurs développent moins rapidement des résistances contre les plants de coton résistants aux ravageurs.

En 2013, des variétés Bt ont été plantées sur plus de 95 % de toutes les surfaces consacrées au coton en Australie. Avant leur introduction, les cultures de coton devaient être protégées avec de grandes quantités d’insecticides. La plupart de ces insecticides agissent comme des neurotoxines (par ex. la pyréthrine et le profénofos) et sont nocifs pour un grand nombre d’organismes – et, à dose plus élevée, également pour l’homme.1 Leur pulvérisation dans la culture de coton Bt a été réduite de 80 à 90 %. La quantité des principes actifs est ainsi tombée de 65 à 75 %.2

la plante Bt – résistante aux ravageurs

Les variétés GM résistantes aux ravageurs produisent une ou plusieurs protéines toxiques pour les ravageurs. A l’origine, ces protéines proviennent de la bactérie Bacillus thuringiensis, raison pour laquelle elles sont dénommées toxines Bt. Il existe toute une série de différentes toxines Bt qui divergent dans leur toxicité pour différentes espèces d’insectes. Les toxines Bt étaient déjà utilisées dans la protection des plantes, sous forme ou de spores bactériennes ou de cristaux de protéines, bien avant le développement de variétés GM. Ces produits phytosanitaires sont encore utilisés de nos jours, en particulier dans l’agriculture biologique. A partir des années 1990, grâce à la technologie du génie génétique vert, des gènes de certaines toxines Bt ont pu être transférés dans le patrimoine génétique de variétés cultivables, conférant ainsi aux plantes une résistance contre certains ravageurs. Il existe aujourd’hui des variétés GM produisant six différentes toxines Bt (le maïs Bt Smartstax®). Les plantes GM produisent la toxine Bt sous forme relativement inactive. La protéine Bt est seulement activée dans le tractus digestif du ravageur quand celui-ci s’attaque la plante et en mange. A l’encontre d’un grand nombre de produits phytosanitaires conventionnels, les toxines Bt agissent très spécifiquement contre certains insectes ravageurs. D’autres insectes - tels les espèces utiles ou les pollinisateurs et comme tous les non-insectes - n’en sont pas touchés de manière significative.3,4,5

Littérature

(1) Llewellyn D, Brown M, Cousins Y, Hartweck L, Last D, Mathews A, Murray F, Thistleton J (1992) The Science Behind Transgenic Cotton Plants. From: Proceedings of the 6th Australian Cotton Conference, Broadbeach Qld, August 1992. Lien 

(2) Fitt GP (2008) Have Bt crops led to changes in insecticide use patterns and impacted IPM? In: Integration of Insect-Resistant Genetically Modified Crops with IPM Systems. Ed by Romeis J, Shelton AM, Kennedy GG, Springer, pp 303-328. Lien

(3) Duan JJ, Marvier M, Huesing J, Dively G, Huang ZY (2008) A meta-analysis of effects of Bt crops on honey bees (Hymenoptera: Apidae). PLoS ONE 3(1):e1415 Lien

(4) Naranjo SE (2009) Impacts of Bt crops on non-target organisms and insecticide use patterns. CAB Reviews: Perspectives in Agriculture, Veterinary Science, Nutrition and Natural Resources 4:No.011 Lien

(5) Romeis J, Meissle M, Bigler F (2006) Transgenic crops expressing Bacillus thuringiensis toxins and biological control. Nature Biotechnology 24: 63–71 Lien

Exemples supplémentaires

Un papayer d’Hawaï. Photo: Forest & Kim Starr.

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Une moisson de maïs dans l'état de l'Iowa aux États-Unis. Photo: Tim McCabe, USDA Natural Resources Conservation Service.

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Un champ de colza dans la province de l'Alberta au Canada. Photo: Chris & Lara Pawluk.

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